2015

Comment résumer trois ans de bonheur!!!

18 septembre 2015 · Denis

"Envie d'ailleurs, de frissons ou de rêves,
la mer répondra immanquablement à tous vos désirs"
- LeFigaro









Saba Rock, BVI
Le 9 septembre 2012, nous étions une famille avide de partir à l'aventure, de prendre le large en voilier, une passion depuis toujours. Nous voulions nous rendre par nos propres moyens là où il fait chaud, loin du travail et de la folie de consommation. La liberté et la mer, voilà! Aujourd'hui trois ans plus tard, nous sommes comblés et fiers d'avoir réalisé notre rêve. Nous avons visité plus de 20 pays, près de 100 îles différentes et plusieurs centaines d'ancrages.  Nous s'y avons vécu intensément chaque moment en famille, un legs inestimable. La richesse de notre voyage se compose de rencontres impromptues, de découvertes, d'émotions... des moments qui marquent à tout jamais nos mémoires.

Blue Haven Resort, Turks & Caicos

Windward, Carriacou
Green Island, Antigua
Voilà déjà plus d'un mois que nous sommes de retour sur la terre ferme. La maison est réinstallée, les enfants ont débuté l'école et nous avons revu famille et amis. Bientôt La Jeannoise à son tour sortira de l'eau, immobile sur son ber jusqu'au printemps prochain. Côté emploi, c'est encore l'incertitude mais les choses reprendront leur place une à la fois. Les projets futurs se dessineront et nous rêverons de nouveau.
Ile Fourchue, St-Bart
St-Pierre, Martinique
Carnaval de Grenade
Trois années à naviguer d'une île à l'autre, à faire des allées et venues en empruntant des chemins différents. C'est un bien beau cadeau que nous nous sommes donnés. Trois années à vivre au rythme des Antilles. Les îles, nos terrains de jeux que nous avons explorés pour en découvrir les recoins cachés et les sites inédits. Tout ce temps n'aura pas été suffisant pour tout faire et tout voir. Mais nous y avons vécu assez longtemps pour s'y sentir un peu chez nous partout.


De plus, il y a une communauté de navigateurs bien présente dans les îles partageant la même passion, heureux d'être là où ils sont. L'entraide et les festivités ne manquent donc pas. Nous revenons le coeur plein de nouveaux amis...





Des amis et des amis ...








Encore et encore des amis ...









Gustavia, St-Bart
Ce mode de vie qui comporte des déplacements continuels nous convient totalement. C'est une vie simple remplie de nouveautés et d'opportunités. Une chance extraordinaire de naviguer dans sa maison au gré de ses désirs. Tout est là! À part l'école qui exige une certaine routine pour en faciliter son exécution, nous n'avons pas d'horaire à respecter. La liberté de prendre le temps, de profiter du moment présent et d'apprécier la vie. N'est-il pas vrai que les moments les plus magiques surviennent lorsqu'on s'y attend le moins.

Union Island, SVG

Pendant ce temps les enfants ont grandi, passant de l'enfance à l'adolescence et grâce au blog, famille et amis ont pu les voir s'épanouir d'une certaine façon. De par leur style de vie et la rencontre de gens de partout à travers le monde s'installe une maturité et une ouverture d'esprit incroyable sur tout ce qui les entoure. La navigation n'a plus de secret pour eux et leur grande capacité d'adaptation saura leur servir dans le futur. La passion du voyage est maintenant intrinsèque. Et les amis rencontrés ont tous une place bien spéciale dans leur coeur. Des amis pour la vie! Des souvenirs extraordinaires!







Capesterre, Marie-Galante
Notre entourage a le désir indiscret de tout savoir de notre aventure dans l'espoir peut-être d'en comprendre la raison ou de confirmer leur intention de faire de même. Avons-nous fait face à des tempêtes, des pirates et autres calamités, nous demande-t-on? Non! Le voyage a été fabuleux, au-delà de nos attentes. L'aventure d'une vie qu'il faut saisir à pleines mains. Les premiers mois sont exigeants et intenses car tout est nouveauté et incertitude puis l'expérience apporte la quiétude et fait place à la découverte, au plaisir du moment. Et nous avons à bord le meilleur capitaine qui soit. Denis a su nous inspirer cette folie du départ et ses nombreuses qualités dont celui de navigateur a fait en sorte que l'aventure n'a été que du bonheur! Il vous dirait sans doute que dame chance a sûrement mis son grain de sel sur notre chemin.

Course de Yoles, Ste-Anne, Martinique
Iles des Saintes en background
La promiscuité d'un voilier intrigue plusieurs. Il est vrai qu'un bateau semble petit lorsqu'on envisage que son intérieur. Mais dans les faits, nous passons presque tout notre temps à l'extérieur. Notre cour arrière est immense et peu importe où nous sommes ancrés, on y retrouve l'horizon. Le bleu de la mer se mêle au bleu du ciel. Les couchées de soleil font partie de notre quotidien et les milliers de constellations d'étoiles nous souhaitent bonne nuit beaux rêves. Spectaculaires sont les soirs de pleine lune. Nous dormons à la belle étoile, surtout Tristan qui je crois a dormi plus souvent dans le cockpit que dans son lit. Vivre 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 dans un voilier demande de la bonne volonté et les liens tissés ne peuvent faire autrement que d'être tricotés serrés.



Petit St-Vincent, SVG
On nous demande souvent quelle est notre île préférée. Pas faciles de choisir, impossible en fait, elles ont toutes leurs particularités, un moment magique. Nos coups de coeur sont nombreux et varient selon le membre d'équipage. Pour ma part je n'oublierai jamais nos rencontres intimes avec les dauphins, baleines et raies mantas. Il n'y a pas de mots assez forts pour décrire ce qu'on ressent d'être si près de ses animaux marins à presque les toucher, en harmonie dans leur milieu naturel. Qui observe qui?

Fort-de-France, Martinique
Montagne Pelée, Martinique
Notre randonnée du Boiling Lake et de la vallée de la désolation en Dominique gagne la médaille d'or. Avec ses panoramas vierges à perte de vue où abonde la nature, ses cascades d'eau et ses paysages désertiques et tellement irréels, nous passons par toute une gamme d'émotions.

Cocoa Point, Barbuda
Les plages de rêve sont nombreuses dans les Caraïbes. C'est l'île de Conception Island, Bahamas qui regroupe le plus d'attraits: plages, falaises, récifs, lagon intérieur, couleur de l'eau et si on a la chance d'y être seul c'est un coup de coeur assuré. Barbuda est également incroyable.

Barbuda
Club Med Beach, Eleuthera, Bahamas
Pomato Pt, Anegada, BVI
Le kitesurfing est devenu pour nous une nouvelle passion qui a souvent dicté nos déplacements. Les Grenadines sont magnifiques pour ce sport avec Union Island, Petit St-Vincent et Tobago Cays. Green Island à Antigua et les îles de la Madeleine au Canada sont d'autres sites fabuleux à ne pas manquer pour les amateurs du sport.

Ensenada Dakiti, Culebra, Puerto Rico

Calivigny Is, Grenade
Molinière Pt, Grenade
L'apnée a été une activité de tous les jours. Tobago a de nombreux sites extraordinaires qui en vaut le détour, le parc des sculptures sous-marines à Grenade est à voir absolument pour son originalité et les Bahamas, un endroit de rêve pour la pêche au harpon comme à la ligne.

Shroud Cay, Bahamas


Tobago Cays, SVG
La couleur de l'eau nous interpelle à l'unanimité. Ses innombrables nuances de bleu et sa transparence apportent un bien-être incomparable. En ajoutant le facteur chaleur, c'est le paradis. La lumière est tellement présente, les couleurs éclatantes. Les rituels et la beauté de la nature fascinent, jour après jour. Pas étonnant que ma passion pour la photographie n'ait fait qu'augmenter.

Salt Whistle Bay, Mayreau, SVG
Tobago Cays, SVG

En pleine mer, c'est la réflexion, on se perd dans ses pensées, l'infiniment petit devant si grand. Nous chevauchons littéralement chaque vague et les mouvements tantôt fluides tantôt bouillonnants de l'eau nous hypnotisent.











On jette un coup d'oeil furtif aux lignes qui trainent dans le sillon du bateau et on espère du gros poisson. C'est l'excitation à chaque prise. Qu'est-ce que c'est? Est-il gros? Attention de ne pas le perdre? Il n'est pas encore monté à bord qu'on pense Sushi et Sashimi!






Nous avons eu la chance d'observer la grande diversité de la faune sous-marine telles que tortues, dauphins, raies ainsi qu'une panoplie de poissons de tous genres.














De cette belle aventure, nous garderons notre passion de la voile et du voyage intacte. Nous en avons profité au maximum. Tous ces beaux souvenirs nous remplissent la tête et le coeur à jamais. Au fil des mois à venir, nous découvrirons à quel point ce voyage a modifié nos valeurs, nos références et nos projets à venir. Une chose est sûre nous retournerons vivre sur l'océan un jour. Ce n'est que partie remise.




Votre intérêt à notre aventure et vos commentaires pendant ces trois années nous ont fait chaud au coeur maintes et maintes fois. Nous vous en remercions infiniment et espérons vous avoir fait voyager à travers nos photos et propos.

A la bonne vôtre, santé à tous et à toutes, et à la prochaine!!!

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La Navigation sur le Golfe, l'Estuaire et le Fleuve St-Laurent

21 août 2015 · Denis

Nous sommes de retour à la maison, la vraie maison, celle avec des murs, des meubles, l'eau courante et toutes nos choses. Ça fait presque deux semaines et on commence à se sentir un peu installé après un blitz de nettoyage et d'emménagement. Nous écrirons un dernier blog dans les semaines qui suivent, une conclusion de cette grande aventure. Pour l'instant, je voulais publier le texte qui suit, un sommaire un peu plus technique sur la navigation dans les eaux du Saint-Laurent que j'ai écrit lentement tout au long de ces navigations.

Cette zone de navigation a la réputation d'être l'une des plus difficiles au monde. Peut-être vrai, comme partout ailleurs, pour naviguer de façon sécuritaire il faut en connaître les particularités, avoir de bonnes informations météo et se préparer adéquatement ainsi que le bateau.

Dans les mers du sud, il suffisait à peu près de s'informer de la force du vent et la hauteur des vagues et selon ses préférences, s'élancer sans trop de préparation avec un vent dont la direction ne changeait pratiquement jamais.

Au nord dans le Saint-Laurent, un tas d'autres considérations viennent brouiller les cartes: le froid, le brouillard, les courants forts, les grandes marées, les vents changeants et instables, la navigation dans les canaux des navires commerciaux, les points d'ancrage très rares et les grandes distances souvent entre les points d'arrêt possibles. Il y a bien sûr quelques points positifs dont les longues journées avec une durée d'ensoleillement de 18 heures et plus; et de pouvoir profiter de courants aidants dans certains cas.

La remontée du fleuve est particulièrement délicate. Un navire qui descent le fleuve profite beaucoup plus de courants aidants et a généralement le vent dans les voiles puisque les vents dominants sont du sud-ouest. À l'inverse, un navire remontant le fleuve doit se battre contre ces éléments et choisir ses passages très minutieusement s'il veut avancer efficacement.

Dans notre cas, le courant a été définitivement l'élément le plus important. Un voilier qui peut avancer à 6 ou 7 noeuds dans de bonnes conditions ne peut ignorer certains passages critiques carrément infranchissables par courant inverse maximum. L'embouchure du Saguenay et les régions de Québec et Trois-Rivières sont particulièrement critiques. Heureusement, les cycles de marée procurent une inversion de courant qui permet de passer. Il suffit donc de bien synchroniser son passage en fonction des changements de courants. Facile à dire, pas toujours aussi facile à réaliser. Les autres facteurs doivent aussi coopérer mais en plus l'info sur les marées et courants doit être trouvée, comprise, analysée et traduite en un plan de navigation. J'ai trouvé deux sources qui ont été une mine d'or à cet égard.

"ogsl.ca/ocean"
En premier lieu, le "guide du tourisme nautique 2015", un petit livret distribué dans les marinas et disponible gratuitement. Il n'a l'air de rien mais c'est un guide de navigation complet sur tous les cours d'eau importants du Québec et en plus il fournit tous les trucs de base pour savoir quand et comment passer ces fameuses zones de courant fort. Je suis tombé sur le dernier exemplaire disponible à la marina de Rivière au Renard en Gaspésie sans le connaître et sans savoir quelle utilité il aurait mais cet heureux hasard m'a été d'un grand secours à mesure qu'on avançait. Il y a aussi le site "ogsl.ca/ocean" qui donne une prévision de 1 à 2 jours d'avance des courants du fleuve et du golfe, de Trois-Rivières à Terre-Neuve, de façon interactive et graphique sur une carte. Priceless! Cette information visuelle et facile à comprendre permettait de corroborer les autres infos de marée et celles du guide.

Un exemple, l'entrée dans le fjord du Saguenay. Le courant du fleuve à l'embouchure du Saguenay dépasse régulièrement 4 à 5 noeuds tandis que le jusant (courant de marée descendante) de la rivière Saguenay atteint jusqu'à 7 noeuds. De plus, cette zone de rencontre des deux cours d'eau crée de grandes turbulences et des vagues dangereuses surtout par vent inverse au courant. Il est donc fort avantageux, sinon essentiel, de synchroniser son arrivée ou départ avec le bon changement de marée en fonction de notre destination à cette croisée des chemins. Pas toujours facile d'optimiser cette synchronisation lorsque les ports précédents ou suivants sont situés à une journée complète de navigation et qu'il faut aussi considérer les courants changeants tout au long de cette même navigation. Tout se passe quand même très bien pour nous malgré une arrivée au Saguenay dans un brouillard épais.

Parlant brouillard, c'est pour nous l'autre grande nouveauté. Plus simple cependant, ce n'est pas si différent que de naviguer de nuit et donc le radar et le système AIS sont les outils qui nous permettent de gérer ce phénomène. Et nous avons été relativement chanceux comptant seulement 3 ou 4 navigations avec brouillard et ce même en considérant toute la côte de la Nouvelle-Ecosse, réputée pour être toujours sous le brouillard!

Pour compléter à propos du courant, une fois à Trois-Rivières et plus haut, il n'y a plus d'effets de marée et d'inversion de courant. Il ne reste que le débit naturel du fleuve toujours présent et qu'il faut inévitablement combattre en remontant. C'est un courant qui diminue notre vitesse de 1 à 3 noeuds selon les zones en fonction principalement de la largeur du cours d'eau. On doit vivre avec et accepter de progresser lentement. Tous les environs de Montréal en particulier offrent de forts courants. Cependant nous sommes revenus dans la chaleur et dans la navigation facile et confortable d'une rivière, similaire à l'intracostale aux Etats-Unis avec en moins le souci du manque de profondeur et de la hauteur des ponts puisque nous sommes tout de même toujours dans le chenal des navires de commerce.

Côté température, il a fait froid, très froid! Depuis le nord de la côte est américaine jusqu'à Québec environ, la température de l'eau oscille entre 5 et disons 13 degrés Celsius. La sécurité et l'idée de ne pas tomber à l'eau est encore plus primordiale. C'est une question de vie ou de mort. Il faut donc le bon équipement et ne prendre aucun risque, ce que l'on fait. Il reste donc l'impact du point de vue confort. Même par une belle journée ensoleillée, l'air du large toujours refroidie par cette eau froide nous force aux vêtements longs et chauds. Par temps couvert et pluvieux, c'est encore pire. Avec un système de chauffage à bord et des vêtements appropriés pour naviguer, nous n'avons pas souffert du froid et avons réussi à bien apprécier toute cette belle grande zone de navigation. Petit inconvénient additionnel, la condensation à l'intérieur du bateau qui nous a forcé à éliminer quelques zones de rangement dans les cales par exemple.

Dernier élément à considérer pour ceux, comme nous, qui dépassent Montréal sur la voie maritime: les écluses.  Les navires marchands ont priorité, ce qui fait que selon l'achalandage, on peut devoir attendre pour passer ces mastodontes qui nous soulèvent de 45 pieds dans certains cas. Il y a beaucoup d'informations sur les pages web de la voie maritime, à consulter absolument pour connaître les procédures, coûts, horaires, etc.

Somme toute, le Saint-Laurent aura été le point d'exclamation final de notre aventure, une superbe conclusion qui a conservé et amplifié cet esprit de découverte et d'aventure jusqu'aux derniers moments.

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De Québec à l'Ontario

6 août 2015 · Denis

Québec est un endroit bien spécial pour Denis et moi. Nous y avons fait nos études universitaires, tant de souvenirs et de bons moments. Cette fois-ci notre arrivée est encore plus spéciale car nous empruntons les mêmes chemins que les grands explorateurs d'autrefois pour s'y rendre. On admire du fleuve Saint-Laurent le majestueux Château Frontenac, bien assis au sommet de la falaise. Le port de Québec est bien occupé et les cargos fourmillent à plein. D'ailleurs nous en avons croisés de nombreux puisque nous suivons la route maritime qui s'est considérablement réduite depuis l'île au Coudre. C'est fascinant de s'apercevoir que ces immenses cargos, à part quelques exceptions, ne font pratiquement pas de vagues et ce même à 300 pieds de nous.

Les charmes du vieux Québec ne manquent pas avec ses nombreux sites historiques et son architecture de style Européenne. Nous déambulons au gré des ruelles avec les enfants. Les toits de cuivre, les églises et cathédrales, les remparts, les canons, et la vue spectaculaire de la terrasse Dufferine au pied du Château Frontenac nous enchantent toujours. Maxim-Émanuelle y est déjà venue pour son voyage de fin d'école primaire mais pour Tristan c'est pratiquement une première fois car il avait à peine quelques années à sa dernière visite. Il y a affluence sur la place Royale et au petit Champlain. Les amuseurs publics nous divertissent pour notre plus grand plaisir en acrobatie, jonglerie et en musique sans oublier les artistes peintres de la rue du Trésor. C'est une journée magnifique avec du soleil mur à mur et nous en profiterons à plein du matin jusqu'en soirée pour admirer les lumières de la ville. Nous sommes à la marina du vieux port, à deux pas du marché où nous nous laissons tenter par des produits locaux. Qui peut résister à cet étalage de beaux et bons produits frais. Pas nous!!!





Notre séjour ici sera plus court que prévu car la belle température n'y est plus du tout et tant qu'à attendre qu'elle revienne nous préférons nous déplacer vers Montréal. Pas une mauvaise idée car nous avons pu admirer les deux derniers spectacles de feux d'artifice en plus de revoir quelques amis. Nous avons été bien gâté. Merci pour votre temps précieux! De belles retrouvailles qui nous ont fait chaud au coeur. Et pour tous ceux que nous avons manqués, on se reprendra dès que possible.



C'est maintenant la parade des écluses, sept en tout. Plusieurs à 45 pieds en montant et souvent à l'épaule, jusqu'à quatre rangées. Plutôt achalandés car nous devons attendre qu'il n'y ait pas de cargos pour y accéder.

Nous continuons notre route. Dans quelques jours nous serons de retour à Kingston, le port d'attache de La Jeannoise. D'ici là nous profitons de chaque instant sur l'eau où on y est si bien. Ça semble irréel de penser que nous redeviendrons terriens sous peu. Au moment de publier ce blog, nous sommes arrivés dans les environs des mille Îles.

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Check-in/OK message du dispositif de SPOT Lajeannoise

2 août 2015 · Denis

Lajeannoise
Latitude :45.40800
Longitude :-73.56543
Date/Heure de la position GPS :08/02/2015 14:59:30 EDT

Message :Bris mecanique a l'ecluse. Emprisonne ?!!???

Voir cette position sur Google Maps :
http://maps.google.com/maps?f=q&hl=en&geocode=&q=45.40800,-73.56543&ll=45.40800,-73.56543&ie=UTF8&z=12&om=1

Lajeannoise

Vous avez reçu ce message parce que Lajeannoise a ajouté votre nom sur sa liste de contacts SPOT.

Ready for Adventure
FindMeSPOT.com

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Le Fjord du Saguenay, un spectacle imposant

23 juillet 2015 · Denis

Les paysages côtiers et montagneux du Fjord-du-Saguenay ne laissent personne indifférent. Un corridor en serpentin de falaises vertigineuses aussi profondes que hautes. On navigue en frôlant les parois rocheuses sans souci de profondeur et on admire les chutes en abondance.

Tous les deux natifs du lac St-Jean nous n'étions jamais venus dans cette région. C'est amusant de constater que les gens ici reconnaissent l'origine du nom La Jeannoise. Après l'anse St-Jean, nous nous sommes dirigés vers la baie Éternité connue pour la beauté de ses falaises élevées et sa végétation luxuriante. Une magnifique baie et un parc national bien aménagé en sentiers, campings et activités diverses. Un seul bémol, c'est le nombre de corps morts (moorings) disponibles dans la baie. Il n'en reste plus que trois. Les malchanceux doivent rebrousser chemin ou alors se risquer à s'ancrer sur des chaines et débris d'anciens corps morts. Nous y sommes restés deux jours à profiter des lieux et admirer le fjord du haut de ses caps. À cette hauteur, l'eau n'est presque plus salée et on remarque nettement que la ligne de flottaison du bateau n'est plus la même, on flotte moins. Bientôt, on devra dire au revoir aux grandes étendues d'eau salée. On approche vraiment de la maison!


Sur le chemin du retour vers Tadousac on rencontre d'autres bélugas. Les rorquals sont également en grand nombre. On est ravi! Et c'est comme ça jusqu'à Cap à l'aigle où nous sommes actuellement.

Notre prochaine escale est le vieux Québec. L'arrivée est prévue vendredi et nous y resterons quelques jours. C'est tellement beau! On connaît pas mal le coin pour y avoir fait nos études.

Quelques photos de notre randonnée sur le Cap Trinité jusqu'à la statue:








En route vers Cap à L'Aigle ...





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De la neige en juillet!!!

20 juillet 2015 · Denis


Ste-Anne des Monts

La lueur du jour éclaire à peine l'horizon que nous naviguons déjà le long de la côte Gaspésienne. Il est presque 4:00 am et plus de 110 miles à faire pour nous rendre à Sainte-Anne des Monts. Le vent souffle fort à 30 noeuds et on file à vive allure. Pendant les 15 heures de navigation, les conditions sont instables et demandent de s'ajuster constamment passant de 30 noeuds a presque rien puis de nouveau à 30, du vent de travers ensuite dans le nez sans oublier le courant jusqu'à 4 noeuds par moments. Ha! ce golfe Saint-Laurent, il a du tempérament! Ce matin le vent est sud-ouest et provient de l'intérieur des terres tout en relief, un terrain propice aux variations. Nous n'avons donc pas de vagues ce qui est super mais ce n'est que rafales et bourrasques. On arise une fois, deux fois, trois fois avant d'être confortable. Les montagnes de la haute Gaspésie sont vraiment magnifiques et ressemblent beaucoup à la Dominique. Les vallées sont profondes et accueillent les villages au pied des montagnes. La route longe la côte et on peut apercevoir les véhicules qui y circulent. Les voitures nous dépassent, toutes! et oui on va pas vite en voilier mais c'est si beau!  Le vent du sud nous apporte aussi un vent chaud, un vent torride synonyme de BIKINI. On sort nos bikinis du placard restés cachés depuis trop longtemps. C'est que depuis la côte-est américaine le vent en navigation est frisquet. Il fait toujours plus chaud sur terre que sur l'eau. Alors aujourd'hui on en profite, youpie! Sur pratiquement tous les plateaux de la côte il y a des éoliennes. Il y en a beaucoup, c'est même ici que se trouve la plus grande éolienne à axe vertical au monde. Ce n'est pas rien. On voit au loin, l'église aux deux clochers de Sainte-Anne des Monts, très visible. On s'amarre donc vers les 18:00 à la marina juste à temps pour déguster un autre bon repas de fruits de mer et ce soir ce sera dans le cockpit tant il fait chaud.


Partout dans la ville, des oeuvres de sculptures en bois flotté sont exposées. Un festival populaire attire des artistes de partout chaque année au mois d'août.

Comme dame nature ne nous permet pas de naviguer on décide d'aller dans le parc national de la haute Gaspésie. Ce ne sont pas les sentiers de randonnée qui manquent. On escaladera le Mont-Albert, judicieux choix du capitaine, d'une altitude de 1060 mètres. La montée est difficile, le dénivelé important. Nous devons garder une cadence rapide car il ne faut pas manquer l'autobus à la fin de la journée et nous voulons tout voir comme d'habitude. La journée est belle, la température confortable et le sentier en forêt magnifique et très parfumée. Il est strictement interdit de sortir des pistes pour la protection de l'environnement des caribous typiques de la région qui sont en voie de disparition.

Au sommet du mont Albert c'est un paysage de toundra, dénudé d'arbres. Le brouillard est parti et le ciel dégagé. Il vente beaucoup et il fait plus que froid, il fait frette. On met nos tuques, gants et vêtements chauds pour admirer confortablement le paysage devant nous...une mer de montagnes et de vallées. Plus de 25 monts dépassant les 1000 mètres d'altitude et les monts Chic-Chocs et McGerrigle forment l'assise de ce territoire. C'est grandiose, une fresque de la nature et nous nous sentons bien privilégiés d'être ici. Il est midi et deux choix s'offrent à nous. On redescend par le même chemin ou on poursuit en faisant le tour du mont ce qui veut dire encore deux fois la distance qu'on a fait sur un terrain plus difficile. On décide de se rendre de l'autre côté du plateau pour voir le début de la piste et de décider une fois là-bas. Aucune décision n'a vraiment été prise. On a simplement été happé par la beauté du panorama. Sans s'en rendre compte on descendait déjà les coulées remplies de rochers rougeâtres. D'un côté c'est les cascades, le bruit de l'eau et l'écume, un spectacle dont on se lasse jamais et de l'autre côté c'est la neige immaculée encore présente sur les versants nord. Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu ça. J'ai soudainement envie de tire d'érable.

Au cours de la descente, le terrain se transforme passant de quasi arctique, à la forêt dense de conifères. On se croirait par moments dans la forêt de Harry Potter tant les arbres ont des formes bizarres. On traverse des rivières, longe des lacs, se retrouve au milieu d'un champ de fougères. On est tout petit au fond de la vallée. Plus de 17 km sur un sentier difficile, 8 heures en tout.

Les genoux font mal et les pieds sont douloureux. On est fatigué mais tellement enivré par tous les paysages grandioses de la journée. C'est une bonne fatigue, satisfaisante.










On reprend donc l'autobus pour un retour à Sainte-Anne des Monts. On arrête à la marina pour écouter quelques histoires de Jean-Pierre, un conteur hors pair, et finaliser notre séjour car demain, on se rend dans la baie de St-Pancrace, près de Baie-Comeau au nord du golfe.

La baie de St-Pancrace, Baie-Comeau

La baie de St-Pancrace a la réputation d'être la plus belle de la Côte Nord. C'est un fjard (petit fjord) très profond et les rochers qui l'entourent ont des parois verticales impressionnantes. Impossible de s'y ancrer. On arrive donc 20 minutes avant le coucher du soleil. Plusieurs navigateurs membres du club nautique de Baie-Comeau nous accueillent sur leur ponton. Super il reste une place! On se présente, tout le monde raconte un peu son histoire et on finit la soirée autour d'un feu de camp au pied d'une magnifique chute et bains naturels d'eau douce. Une ambiance géniale! Pour le lendemain, dame nature nous donne de la pluie intermittente mais on décide tout de même de se rendre au belvédère. La vue sur la baie est imprenable!








Ce sera une navigation sous la bruine pour cette nuit jusqu'à Tadousac. Des petits rorquals nous accompagnent. La nuit est froide et longue. Heureusement que nous avons des vêtements appropriés qui nous gardent bien au sec et au chaud. Tadousac est à l'embouchure du fjord du Saguenay. C'est l'endroit le plus froid, brumeux et difficile du Saint-Laurent. Nous avançons lentement à voile car il faut bien choisir son heure d'arrivée en fonction des courants sinon ce ne sera pas de tout repos. On aperçoit des dauphins, rorquals et bélugas en chemin. Il y a en beaucoup dans cette région. Une fois à Tadousac on décide de continuer, d'entrer dans le fjord et de se rendre à l'anse Saint-Jean situé à une vingtaine de miles plus loin. Comme c'est beau un béluga! Très visibles, blanc éclatant et ils nagent en groupe. Certains sortent leur queue. Le paysage dans le fjord est majestueux.

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Des Îles de la Madeleine à la Gaspésie

13 juillet 2015 · Denis

Nous faisons un deuxième voyage dans notre voyage, vraiment!  Les maritimes et le golfe du Saint-Laurent nous offrent ce qu'il y a de mieux pour la découverte, l'exotisme et le charme!

Les Îles de la Madeleine

Que ce soit au sud ou au nord, les îles ont toujours ce petit cachet qui leur donne un attrait particulier pour les navigateurs que nous sommes. Les Îles de la Madeleine ne font pas exception, loin de là. La découverte des îles a été un coup de coeur. En plein centre du golfe Saint-Laurent, c'est le dépaysement total.
L'archipel compte douze îles dont six sont reliées par une mince bande de dunes de sable qui s'étirent à perte de vue. En voiture on explore donc de fond en comble les particularités des îles, une après l'autre. Le rouge des falaises sculptées, le vert des collines, le blond du sable et l'harmonie des maisons haut en couleur et en tradition donnent un effet spectaculaire et unique aux lieux. De plus, les gens ici ont l'air heureux et fiers de leur culture d'origine acadienne et insulaire. Leur parler aux intonations musicales est charmant. Ce sont des pêcheurs et des artisans incroyables. Sculpteurs, souffleurs de verre, artisans du sable, de bijoux d'art aux tendances maritimes, et autres. Toutes les boutiques, galeries et ateliers regorgent d'originalité et de beauté. De bien belles rencontres inspirantes avec les artistes et artisans madelinots.

Au Musée de la mer à Havre-Aubert on apprend beaucoup sur l'archipel, sa culture et son histoire. Une bonne introduction avant l'exploration. Dans le hall d'entrée est exposé un cachalot qui s'est échoué il y a quelques années. Pas évident de dépecer et remonter une si grosse bébête. On avait rencontré par hasard le responsable du projet à Chéticamp qui est également un artiste sculpteur de cuivre et d'os de cétacés. Ses oeuvres sont plus que magnifiques. De toute beauté!



On apprend que les îles de la Madeleine reposent sur d'immenses dômes de sels et qu'une importante mine d'extraction est en fait située en dessous du niveau de la mer. On nous explique également que ces magnifiques îles disparaîtront dans quelques 5000 ans dû à l'érosion des falaises de grès rouge extrêmement friables qui donnent des formes si spectaculaires au littoral. D'ailleurs on a pu constater de nos yeux lors de nos randonnées à quel point les bords des falaises sont fragiles et précaires. C'est quasi incroyable qu'il reste moins d'existence à venir que passée.

Il faut donc en profiter. Chaque île a ses particularités mais toutes ont des plages magnifiques et longues à l'infini et nous adorons faire siffler le sable sous le frottement de nos pas. Les produits de la mer sont bien sûr un attrait des îles. On a donc mangé de la langouste avec des pinces ha ha! Délicieux ces homards, palourdes et cie... On ne peut venir dans les Îles sans profiter de leurs sites paradisiaques pour le kite surfing. C'est l'une des dix meilleures destinations de sports de glisse et de vent à travers le monde. En plus des nombreux sites du côté mer, il y a des lagunes partout où l'eau est peu profonde et par conséquent plus chaude que dans la mer ce qui est génial. On ne parle pas des Caraïbes sans même, il faut un wet suit court au minimum mais les plans d'eau sont nombreux pour toutes les directions de vents et ce à l'année longue.

Qui sont ces martiens!





Il fait bon vivre aux Îles de la Madeleine et nous y reviendrons c'est certain. On a passé une superbe semaine. On y serait bien resté tout l'été mais il nous reste encore beaucoup de route avant Kingston. Nous traverserons donc directement à Percé. Une navigation de 24 heures.


En route, on passe devant l'îlot Corps Mort, un refuge pour les oiseaux et les phoques s'y prélassent au soleil. La forme de l'île est intéressante, elle rappelle un corps allongé et on voit très nettement les traits d'un visage et une chevelure noire. Les grandes baleines bleues sont très présentes dans les eaux froides. On a pu en admirer une bonne douzaine d'entre elles. Certaines passent près du bateau et nous surprennent par le son de leur souffle. Et dire qu'elles peuvent être plus grosses que notre bateau...!


L'île Bonnaventure et Percé

Après 24 heures de navigation, on pourrait s'attendre à un repos bien mérité. Mais non, lorsque Carole décide qu'on verra tout, on verra tout! On planifie donc une randonnée de 12 km sur l'île Bonnaventure suivit d'une visite du village de Percé et de son rocher légendaire. On est des mordus de sentiers et cette fois-ci ce n'est pas des points de vue panoramique qui nous attendent mais plutôt des oiseaux. Il y avait au moins une bonne centaine de milliers de fous






 de Bassan au même endroit sans compter les bébés qui viennent de naître. Quelle chance! Ils sont vraiment trop mignons. Les falaises sont remplies à craquer. C'est très impressionnant de voir cette masse d'oiseaux qui piaillent à l'unisson en se balançant la tête de gauche à droite, en se faisant la cour à coup de bec, certains se chamaillent mais l'harmonie règne tout de même dans cette cohabitation étroite. Ils sont si près de nous à moins d'un mètre et ne semblent pas trop préoccupés par notre présence. Un terrain de jeu incroyable pour la photographie. Wow!



Il y a bien sûr d'autres espèces d'oiseaux qui habitent l'île. Mes préférés sont ceux qui ressemblent à de petits pingouins. Super agiles dans l'eau, ils plongent plutôt que de s'envoler lorsqu'ils se sentent en danger. Lorsqu'ils volent leurs ailes, de petite taille, battent à grande vitesse comme un oiseau-mouche. Ils nichent en masse sur les flancs de falaises. Ça semble plutôt inconfortable et là aussi ça piaille. Les phoques sont là aussi et ils sont moins farouches que ceux rencontrés auparavant mais tout de même prudents. Plusieurs restaient autour du dinghy, curieux, pour nous observer.




Juste en face de l'île Bonnaventure se trouve Percé. Alors on déplace le bateau de l'autre côté pour une visite de la ville mais surtout on admire le fameux rocher Percé, l'attraction la plus photographié au Canada. Le rocher est majestueux, encore plus imposant que ce que je croyais. Vraiment magnifique!




Anse à Beau-Fils

En fin de journée on décide d'aller à la marina de l'Anse à Beau-Fils à environ 4 miles pour y passer la nuit. Les gens y sont vraiment très accueillants. Plusieurs sont venus faire un brin de jasette, d'autres nous ont offert leur voiture pour le lendemain si nous en avions besoin. On en profite pour faire l'épicerie et le propane. Et comme l'Anse à Beau-Fils est réputé pour ses agates, on ratisse la plage à la recherche de ses pierres semi-précieuses qui complétera notre belle collection de souvenirs. On nous offre même du crabe des neiges. Vraiment très gentils. Et quel délice!







Rivière aux Renards

Nous avons passé la dernière nuit ici à l'ancre à Rivière aux Renards après une navigation de 7 heures dans le brouillard et le vent en plein dans le pif. Pas trop mal, le vent n'a pas dépassé 17 noeuds mais nous étions à peine à un quart de mille de la côte et on ne la voyait pas du tout. Vive le radar!

Aujourd'hui il fait beau mais le vent vient encore de la même direction, alors on passera une seconde nuit ici à Rivière aux Renards. Il y a près du quai, une poissonnerie ainsi qu'une "cabane à patate", alors petit festin de moule et frites pour le lunch. Wow, les papilles gustatives n'en reviennent pas!!!

Demain, longue navigation prévue jusqu'à Saint-Anne des Monts avec un bon vent de travers. Il y a aura bien sûr le courant, nous remontons maintenant le fleuve!


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